Alors que plusieurs acheteurs et locataires espèrent une baisse des prix dans les prochaines années, de nouvelles règles du Code du bâtiment pourraient plutôt contribuer à faire augmenter la facture de l’habitation. Dès octobre prochain, le Québec prévoit appliquer des normes plus strictes en matière de construction résidentielle, une décision qui inquiète fortement l’industrie immobilière.
Promoteurs, entrepreneurs et organismes de logement tirent déjà la sonnette d’alarme : selon eux, ces changements risquent de ralentir plusieurs projets et de rendre les logements encore plus inaccessibles dans un contexte de crise du logement. Les nouvelles normes s’appliqueront aux logements neufs et aux rénovations majeures.
Des coûts de construction appelés à grimper

La Régie du bâtiment du Québec évalue l’impact financier du nouveau code du bâtiment à environ 53 M$ par année, soit 282 M$ sur cinq ans. Cela représenterait une augmentation moyenne d’environ 3,5% du coût de construction pour un immeuble résidentiel de trois étages.
Toutefois, plusieurs acteurs du milieu jugent ces estimations conservatrices et s’attendent à une hausse encore plus marquée. L’Association des professionnels en construction et en habitation du Québec (APCHQ) prévoit une hausse de 5 à 8% des coûts de construction. Cette hausse se répercutera directement sur les prix de vente des condos et sur les loyers.
Voici quelques nouvelles normes :
1. Des normes sismiques plus sévères
Parmi les mesures les plus critiquées, les nouvelles exigences parasismiques occupent une place importante. Les bâtiments devront être conçus pour résister davantage aux tremblements de terre, ce qui nécessitera plus de béton et plus d’acier.
Pour les promoteurs, il s’agit d’une dépense majeure, particulièrement pour les immeubles de plusieurs étages. Certains estiment que cette seule mesure pourrait faire grimper les coûts de construction de près de 5%.
2. Des logements plus accessibles
Le nouveau Code prévoit également un renforcement des normes d’accessibilité universelle. Les corridors devront être plus larges, les salles de bains plus grandes et plusieurs accès devront être adaptés aux personnes à mobilité réduite.

Ces changements répondent à une réalité bien présente : le vieillissement de la population et le besoin de logements accessibles. Toutefois, plusieurs promoteurs soulignent que ces exigences augmentent la superficie des unités, et donc leur prix.
Dans certains projets montréalais, on estime qu’une unité pourrait nécessiter jusqu’à 50 pieds carrés supplémentaires uniquement pour respecter les nouvelles normes, ce qui représenterait des dizaines de milliers de dollars additionnels.
3. De nouvelles obligations liées aux véhicules électriques

Autre changement : les nouveaux immeubles résidentiels de cinq logements et plus devront prévoir l’infrastructure nécessaire pour permettre l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques.
Même si cette mesure s’inscrit dans la transition énergétique, elle représente une dépense supplémentaire pour les constructeurs, particulièrement dans les projets de plus grande envergure.
Le débat sur l’abordabilité est relancé
Du côté du gouvernement, on défend toutefois ces nouvelles règles en rappelant qu’elles visent à améliorer la sécurité des bâtiments, l’accessibilité et l’adaptation aux réalités futures. Le ministre Jean Boulet mentionne qu’une « norme n’apparaît pas du jour au lendemain. Il y a beaucoup de consultations, beaucoup d’analyses, beaucoup de littérature scientifique ».
Le débat soulève néanmoins une question de plus en plus présente dans le milieu immobilier : jusqu’où peut-on augmenter les normes sans rendre les logements inaccessibles? L’Institut du développement urbain (IDU) demande au gouvernement de prendre du recul, estimant que les nouvelles règles de construction risquent d’exercer une pression supplémentaire sur le coût des logements au Québec.
Les logements devraient augmenter principalement en raison de nouvelles normes du Code du bâtiment qui entreront en vigueur au Québec. Ces règles imposent des exigences plus strictes en matière de sécurité, d’accessibilité et d’infrastructures, ce qui augmente directement les coûts de construction des projets résidentiels neufs et des rénovations majeures.
Selon la Régie du bâtiment du Québec, les nouvelles normes pourraient entraîner une hausse moyenne d’environ 3,5 % des coûts de construction. Toutefois, certains acteurs de l’industrie, comme l’APCHQ, estiment que cette hausse pourrait atteindre entre 5 % et 8 %, ce qui pourrait se refléter dans le prix des condos et des loyers.
Les nouvelles exigences parasismiques obligent les bâtiments à être conçus pour mieux résister aux tremblements de terre. Cela implique l’utilisation de plus grandes quantités de béton et d’acier, surtout dans les immeubles de grande hauteur, ce qui augmente significativement les coûts de construction.
Les nouvelles normes d’accessibilité exigent des corridors plus larges, des salles de bains plus grandes et des logements mieux adaptés aux personnes à mobilité réduite. Ces changements augmentent la superficie des unités, ce qui entraîne des coûts supplémentaires pouvant se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de dollars par logement.
Oui. Le nouveau Code du bâtiment exige que les immeubles de cinq logements et plus soient préparés pour l’installation de bornes de recharge électriques. Même si cette mesure soutient la transition énergétique, elle ajoute des coûts d’infrastructure supplémentaires pour les promoteurs.
Oui, plusieurs experts du milieu immobilier estiment que l’augmentation des coûts de construction se répercutera sur le marché locatif. Les promoteurs pourraient ajuster les loyers à la hausse afin de compenser les coûts supplémentaires liés aux nouvelles normes.
Le gouvernement du Québec affirme que ces nouvelles normes visent à améliorer la sécurité des bâtiments, à mieux répondre au vieillissement de la population et à soutenir la transition énergétique. Elles découlent de consultations et d’analyses techniques et scientifiques.
Plusieurs acteurs de l’industrie immobilière craignent que oui. Selon eux, l’augmentation des coûts de construction pourrait ralentir certains projets et réduire l’offre de logements, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur l’abordabilité dans un contexte de crise du logement au Québec.
































